Une fois n'est pas coutûme, la Râleuse reprend du service et croyez moi il y a de quoi !
Vous avez sans doute survolé l'information désastreuse de ce début d'année qui nous promet des mois difficiles à grand renfort d'augmentations (des prix, pas des salaires), de crépage de chignons et de règlements de compte à Elysée Corral.
Il y a une information qui m'a dérangé cette semaine. C'est celle du suicide d'une petite fille de 12 ans qui a mis fin à sa courte vie parce qu'elle n'en pouvait plus de vivre son calvaire.
Son calvaire, c'était d'aller au collège.
Tous nos enfants vont au collège et heureusement tous nos enfants ne se suicident pas. C'est sans doute parce que nos enfants ne subissent pas ou très peu la moquerie, les injures et les coups de leurs camarades. Cette collégienne était le souffre douleur des autres enfants. La famille avait alerté à plusieurs reprises l'équipe pédagogique, avait fourni en novembre un certificat médical constatant des coups dans le dos de l'enfant. Cette jeune fille à préféré se tuer plutôt que de retourner dans l'enfer d'une cour de récréation.
Hier soir, mon amie Zette nous faisait part de sa décision de retirer son fils du collège où il subit lui aussi, depuis 1 an 1/2 les brimades, moqueries et insultes des autres élèves. Eux aussi ont mainte fois alerté l'équipe enseignante sans aucun résultat hormis une fois où le principal a accordé que l'enfant n'aille plus en cours durant 2 semaines avant les vacances d'hiver.
Mon fils a eu une entrée au collège difficile pour des raisons toutes autres que l'intégration. Il a fait un épisode dépressif qui nous a conduit à une psychothérapie durant toute l'année scolaire. Tous les lundis matins il arrivait au collège dévasté, en larmes, n'arrivait pas à se calmer avant plusieurs heures et était ainsi à la merci d'une poignée de sales momes qui prenaient plaisir à se moquer de ce qu'ils ne comprennaient pas. Devant la détresse de mon fils, j'ai courru d'une sonnette à l'autre afin d'alerter tous les protagonistes habilités à entendre la souffrance de mon enfant. Les urgences, l'infirmière scolaire, le CMPP, le professeur principal et le principal du collège. Tous nous ont écouté, tous nous ont soutenu mais sans avoir vraiment de solution à proposer. C'est donc chez un pédopsychiatre que nous avons trouvé refuge.
Devant ce malaise grandissant chez nos enfants, je me pose une question : Qui dérape ?
Nous, parents qui surprotégeons nos enfants au risque de retarder leur insertion sociale dans le monde hostile dans lequel ils vont grandir ? Ou bien les parents qui au contraire ont baissé les bras depuis longtemps et laissent leur enfants devenir des tyrans ? Ou encore le système éducatif débordé par des problèmes sociaux et qui ne peut plus gérer les conflits à l'interieur des établissements sensés apporter savoir et bonne conduite à nos enfants ?
Le message de Mélina hier m'a bouleversé. Son fils est en souffrance et elle a du prendre la courageuse décision de le déscolariser. Je dis bien courageuse car elle a avant tout protégé son petit. Elle a du s'incliner devant l'incompétence d'une équipe pédagogique incapable à trouver une solution pour qu'un élève se sente en sécurité au sein de son établissement.
Aujourd'hui c'est elle qui va reconstruire son fils en lui faisant l'école à la maison, en lui inculquant les règles élémentaires de la vie en société et tenter de désamorcer le traumatisme qu'il a vécu. Ce petit est en danger comme l'a été cette petite qui a préféré la mort plutôt que la cour de récréation.
Aujourd'hui, mon fils va bien, il a pris beaucoup d'assurance, il a compris et réglé ses terreurs malgré quelques angoisses persistantes, il a plein de copains et se sent soutenu par sa famille.
Aujourd'hui, une famille vit l'horreur de la perte d'un enfant entre colère, incompréhension et chagrin.
Aujourd'hui Zette a sauvé son fils parce qu'elle a du laisser la tyranie l'emporter sur l'éducation.
Le débat de l'insécurité à l'école est dans plusieurs programmes de campagne de nous éligibles.
C'est bien mais qu'a-t-on fait pour en arriver à une telle situation ?
Qui apportera une solution ?
Je reste malheureusement péssimiste quant à l'issue du débat ...
Je vous conseille vivement d'aller lire le témoignage de Mélina sur son blog. Apportez lui votre soutien, elle en a besoin pour conserver la force de sauver son fils.


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